DPE : monuments historiques et meublés de tourisme concernés à leur tour
Un projet de décret prévoit d’étendre le diagnostic de performance énergétique aux bâtiments classés ou inscrits et aux meublés de tourisme, avec une entrée en vigueur annoncée pour le début de 2027. Ce qu’il faut en retenir si vous vendez, louez ou exploitez un tel bien entre Pertuis et le Luberon.
Deux catégories de biens échappaient encore au diagnostic de performance énergétique : les immeubles classés ou inscrits au titre des monuments historiques, et les logements loués en meublé de tourisme. Un projet de décret met fin à ces deux exceptions. Il a reçu un avis favorable du Conseil national de l’habitat en juillet 2026 et son entrée en vigueur est annoncée pour le premier trimestre 2027.
Le texte n’est pas encore publié au Journal officiel. Tant qu’il ne l’est pas, rien ne change dans les dossiers en cours. Cette page sera mise à jour à sa parution.
Pourquoi cette extension
La raison est européenne : la directive sur la performance énergétique des bâtiments, révisée en 2024, réduit les exemptions nationales. L’objectif est de mieux connaître l’état du parc immobilier, y compris sa part ancienne et patrimoniale.
Il y a aussi une raison plus terre à terre. Un acheteur ou un locataire qui se voit remettre un dossier sans DPE n’a aucun moyen d’évaluer ce que le bien va lui coûter à l’usage. Sur un bâtiment ancien, l’intuition ne suffit pas : entre deux maisons de village du même siècle, les écarts de consommation peuvent être considérables selon les reprises successives, les menuiseries et le mode de chauffage.
Un diagnostic, mais pas d’obligation de travaux
Pour les monuments historiques, le projet de décret prévoit une exonération de l’obligation de décence énergétique. Autrement dit : l’étiquette sera établie et remise, mais elle n’imposera pas de seuil de performance minimal, donc pas de travaux obligatoires par ricochet.
Cette nuance compte dans le Sud Luberon, où les contraintes architecturales et l’avis des Architectes des Bâtiments de France encadrent déjà ce qu’il est possible de modifier sur une façade, une toiture ou des menuiseries. Les recommandations de travaux du DPE devront tenir compte de ce cadre plutôt que de proposer des solutions inapplicables.
Les meublés de tourisme
Le second volet vise les bâtiments ou parties de bâtiments à usage résidentiel occupés moins de quatre mois par an. La loi dite Le Meur, fin 2024, exigeait déjà un DPE pour les nouveaux meublés de tourisme, alors qu’une exonération subsistait par ailleurs pour les locations saisonnières. Le décret doit lever cette contradiction.
En pratique, c’est la commune qui vérifiera le respect de l’obligation au moment de la déclaration du meublé ou d’un changement d’usage. Un propriétaire qui loue à la semaine autour de Pertuis, Cucuron ou Lourmarin a donc intérêt à anticiper.
Ce que cela change pour vous
- Vous vendez ou louez un bien classé ou inscrit : prévoyez un DPE au dossier dès l’entrée en vigueur du décret, sans crainte d’une obligation de travaux.
- Vous déclarez un meublé de tourisme : le DPE deviendra une pièce du dossier, au même titre que pour une location classique.
- Votre bien est déjà diagnostiqué : un DPE en cours de validité reste valable, sa durée n’est pas modifiée.
Un doute sur ce que votre situation appelle ? Décrivez le bien en deux lignes : vous saurez quels diagnostics s’appliquent, et lesquels peuvent attendre.